Le 29 septembre marque la Journée mondiale du cœur. À cette occasion, Gabon Data Dialogues consacre une lecture de données à l'hypertension artérielle au Gabon, à partir de la troisième Enquête démographique et de santé (EDSG-III, 2019-2021), dont la tension mesurée constitue l'un des apports les plus précieux : trois mesures au tensiomètre électronique, sur un échantillon national de 11 781 ménages.
Le constat central : plus d'une personne sur trois de 50 à 64 ans a une tension élevée (34 % des femmes, 35 % des hommes). La fréquence augmente fortement avec l'âge — chez les femmes, de 4 % entre 15 et 29 ans à 34 % entre 50 et 64 ans.
Le problème ne s'arrête pas au dépistage : parmi les personnes qui se savent hypertendues, seules 3 femmes sur 10 et 2 hommes sur 10 prennent un traitement — alors qu'un traitement a été prescrit à 58 % des femmes et 43 % des hommes concernés. Prescrit ne veut pas dire pris.
Le dépistage lui-même est inégal : près de 4 hommes sur 10 n'ont jamais fait mesurer leur tension (1 femme sur 4), et l'écart suit le niveau de vie — 43 % des hommes les plus pauvres ont déjà fait mesurer leur tension, contre 70 % des plus aisés.
Enfin, les facteurs de risque progressent : une femme de 15 à 49 ans sur quatre est obèse, une proportion triplée en vingt ans (8 % en 2000, 19 % en 2012, 25 % en 2019-2021), et 21 % des hommes de 15 à 49 ans fument.
La tension est dite élevée à partir de 140/90 mmHg. Les données de traitement reposent sur les déclarations des personnes interrogées ; les hommes ont été mesurés à partir de 35 ans.