De la maternelle au premier emploi, les écarts sociaux ne se contentent pas de persister : ils s'additionnent. Gabon Data Dialogues propose une lecture en dix planches des données publiques françaises — DEPP, Insee, Céreq, MESR-SIES, Santé publique France — qui suivent ce cumul étape par étape.
Dès 3 ans, le temps d'écran suit le diplôme des parents (72 % des enfants des familles les moins diplômées dépassent une heure par jour, contre 35 %). Au collège, le privé sous contrat accueille deux fois plus d'élèves très favorisés que le public (40,1 % contre 19,5 %), et dès la 6e, les élèves du privé sont 3,7 fois plus souvent dans les groupes les plus performants que ceux de l'éducation prioritaire renforcée. Le soutien scolaire payant va davantage aux enfants de cadres, l'aide publique gratuite aux enfants d'ouvriers.
Ensuite, tout se joue sur l'accès : 55 % des jeunes de ménages favorisés sortent diplômés du supérieur long, contre 11 % des jeunes défavorisés. Les parents cadres aident plus souvent (88 % contre 61 %) et plus généreusement (396 € contre 156 € par mois) — quand trois ans dans une grande école de commerce dépassent 60 000 €. Au bout du parcours, le diplôme protège : trois ans après les études, le chômage varie de 40 % chez les non-diplômés à 6 % chez les docteurs. Mais son accès dépend de l'origine sociale — c'est ainsi que les écarts s'additionnent.
Ces chiffres décrivent des écarts entre groupes, non des causes, et des moyennes, non des destins individuels. Les champs et années varient selon les enquêtes (2014-2026) ; la planche 10 détaille les sources, la lecture et les limites.