Première édition du Baromètre : un état des lieux de l'épidémie sur la période 2020-2024, à partir des seules données officielles de l'ONUSIDA. Six constats en ressortent — dont une stabilisation fragile, et un angle mort.
Entre 2020 et 2024, les nouvelles infections reculent de 22,7 % et la mortalité de 20,8 %. Mais en 2024, le nombre de nouvelles infections égale exactement celui des décès : 1 700 d'un côté, 1 700 de l'autre. Chaque année, autant de personnes entrent dans l'épidémie qu'il en sort. C'est une stabilisation, pas un déclin.
La trajectoire du ratio le confirme : 0,92 en 2020, 1,00 en 2021, 0,95 en 2022, 1,05 en 2023, 1,00 en 2024. Une courbe en dents de scie, où les gains obtenus restent réversibles.
Le dépistage progresse de 72 % à 77 %, la mise sous traitement des personnes diagnostiquées de 63 % à 83 % — l'avancée la plus marquée de la période. Mais le troisième pilier de la cascade 95-95-95, la suppression virale, ne peut pas être évalué : aucune donnée nationale consolidée n'existe.
Sans cet indicateur, impossible de confirmer que la mise sous traitement produit un bénéfice clinique réel et réduit la transmission. Et environ 19 000 personnes vivant avec le VIH ne bénéficient d'aucun traitement.
Le rapport identifie trois axes structurants : déployer un système national de mesure de la charge virale, accélérer l'accès au traitement antirétroviral, et renforcer la prévention combinée et le dépistage communautaire — identifié comme le maillon limitant de la cascade.
Source : ONUSIDA, plateforme AIDSinfo, consultée en août 2025. Estimations 2020-2024.
Première édition présentée le 22 août 2025 à Libreville, co-organisée par Gabon Data Dialogues et l'Association des Acteurs de la e-Santé du Gabon (AeSGabon), avec le soutien du ministère de la Santé. Étude réalisée par le Dr Éric Arnaud Makita Makita.